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Le « loup habillé en berger » symbolise les faux prophètes qui ont pour objectif de « corrompre les innocents ».
Dès le IVème siècle, Saint Ambroise, évêque de Milan affirmait :« Si le loup menace de bondir sur toi, tu saisis une pierre, il s'enfuit. Ta pierre, c'est le Christ. Si tu te réfugies dans le Christ, il ne pourra plus te faire peur. » Le loup était donc bien pour le Chrétien une menace pour son corps mais aussi pour son âme.
Cette image de la pure et innocente brebis mise en danger par le sombre loup restera longtemps dans notre inconscient collectif. Aujourd'hui encore par d'obscures nuits...
Dans les Mystères, pièces jouées sur les parvis des cathédrales, les acteurs incarnant le Diable étaient recouverts d'une peau de loup renforçant la vision populaire de l'animal démoniaque.

# Posté le dimanche 22 janvier 2006 16:06

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On peut lire dans le « Bestiaire de Pierre de Beauvais » daté du XIIIème siècle, une condamnation du loup sans appel. « Le loup représente le Diable, car celui-ci éprouve constamment de la haine pour l'espèce humaine, et il rôde autour des pensées des fidèles afin de tromper leurs âmes. [...] Les yeux du loup qui brillent dans la nuit, ce sont les ½uvres du Diable, qui paraissent belles et agréables aux hommes dépourvus de raison, et à ceux qui sont aveugles des yeux de leur c½ur. [...]
Le loup ôte toute force de crier à un homme quand il le voit le premier, et cet homme ne peut recevoir le secours de personnes qui se trouvent loin de lui. »

# Posté le dimanche 22 janvier 2006 16:07

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Au Moyen Age, le loup était donc le bouc émissaire du Malin. Capturé vivant, il était quelquefois jugé et condamné au bûcher. Les commérages sur les pactes avec le Diable, sa présence auprès des sorcières qui les chevauchaient pour se rendre au sabbat, ses attaques contres les enfants apeurés, toutes ces histoires se répandent de village en village.
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# Posté le dimanche 22 janvier 2006 16:08

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Les naturalistes de cette époque n'ont guère une meilleure opinion de l'animal que les paysans.
« Le loup est un animal terrible. Sa morsure est venimeuse parce qu'il se nourrit volontiers de crapauds. L'herbe ne repousse plus là où il est passé. »
Les meneurs de loups qui hantaient les sombres forêts accompagnés de leurs sinistres compagnons entretenaient les peurs. De nombreuses histoires, dans toutes les régions de France, les citaient avec crainte ou respect. Ces hommes, disait-on, parlaient aux loups, soignaient de la rage... mais quand ils frappaient à votre porte, à la nuit tombante, il fallait leur donner le gîte et le couvert voire quelques pièces car ils pouvaient aussi ordonner à leurs loups de vous attaquer.
Au XIVème siècle, l'image du loup ne s'améliore guère.
« Le loup aime la chair humaine, et peut-être s'il était plus fort n'en mangerait-il pas d'autres. » disent les Chroniques.

# Posté le dimanche 22 janvier 2006 16:10

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Gaston III de Foix, dit Phébus, énonçait les mêmes certitudes, précisant toutefois la préférence du loup pour les enfants qui « ont la chair plus tendre ».
Au début du XVème siècle, le Royaume de France est déchiré par la guerre de Cent ans et la guerre civile.
En 1421, l'hiver fut si long qu'au mois de juin, la vigne n'avait pas encore fleuri. La famine fauchait la population.
« Les loups déterraient de leurs pattes les corps des gens qu'on enterrait aux villes et aux champs ; car partout où on allait, on trouvait des morts et aux champs et aux villes par la grande pauvreté qu'ils souffraient. »

# Posté le dimanche 22 janvier 2006 16:11